Pourquoi Ahuana ? Les raisons d’être de l’association.

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Pourquoi Ahuana ? Les raisons d’être de l’association.

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Ahuana est une association française non-lucrative de loi 1901, agissant en Equateur et plus précisément auprès des communautés de Calpi dans la province du Chimborazo.  L’association a été créée par Pierrick Van Dorpe, qui vit maintenant depuis 17 ans sur place.

Les raisons d’être de l’association sont fondées sur quatre problématiques locales : La pauvreté, la perte progressive de la culture Kichwa, la condition des femmes et un racisme  non dissimulé.

Plus d’un tiers de la population rurale vit sous le seuil de pauvreté

Les zones rurales équatoriennes sont historiquement marquées par de très hauts niveaux de pauvreté. On estime notamment qu’au début des années 2000, son taux  a atteint près de 80% de la population rurale dans le pays (BSI Economics). Le passage au dollar, bien que nécessaire, a de nouveau accentué cette pauvreté dès janvier 2000 en faisant baisser les salaires réels dans le pays. Si depuis cette période, la situation s’est nettement améliorée à l’échelle nationale (de 69% de la population en 2000 à 25,5% en 2013), les zones rurales restent gravement touchées et plus d’un tiers de la population y vit sous le seuil de pauvreté.

Ahuana s’est implantée dans une zone rurale proche de la ville de Riobamba afin de soutenir les communautés indigènes locales dans leur développement socio-économique. Il est difficile de trouver des chiffres traitant de la pauvreté dans les communautés car leur reconnaissance juridique ne date que de 2008.

Les enfants de moins de 10 ans des communautés locales sont très peu à parler le Kichwa.

Cette pauvreté, particulièrement présente dans les communautés, est liée à un fort manque d’emplois. Elle provoque de ce fait un phénomène d’exode rurale (ici vers la ville de Riobamba) qui participe à la perte progressive de la culture Kichwa chez les indigènes. Les peuples Kichwas rassemblent plusieurs civilisations précolombiennes dont les Puruhas qui étaient présents ici bien avant la conquête des Incas. Cette perte de culture est observable d’une génération à l’autre : les enfants de moins de 10 ans aujourd’hui sont très peu à parler le Kichwa, qui n’est pas enseigné obligatoirement dans les écoles.

80% des femmes pourraient être battues en Equateur…

Certaines sources locales estiment que 80% des femmes sont battues en Equateur. Selon une étude officielle mise en avant par SwissAid, six équatoriennes sur 10 qui auraient été victimes de violences… Ces chiffres alarmants s’expliquent par un machisme omniprésent dans le pays. Et la situation des femmes est d’autant plus compliquée que leurs difficultés à accéder à l’emploi les rend dépendantes et vulnérables vis à vis de leur conjoints.

Ahuana a donc pour vocation d’améliorer leur indépendances en leur aidant à développer des projets dans lesquelles elles trouvent des responsabilités et une source de revenus.

Encore aujourd’hui, il n’est pas impossible qu’un contrôleur de bus fasse lever un indigène pour qu’il laisse sa place à un métis.

Comme nous l’avons vu précédemment, les droits des communautés indigènes n’ont été reconnus qu’en 2008 avec l’adoption de la nouvelle constitution en Equateur. D’autre part, ce n’est qu’en 1964 que les travailleurs indigènes des haciendas coloniales (dont la situation était proche de l’esclavagisme jusque cette date) ont eu le droit de racheter les terres de leurs ancêtres. L’Equateur souffre donc d’une histoire récente tourmentée par un racisme non-dissimulé envers les indigènes. Pour exemple, encore aujourd’hui, il n’est pas impossible qu’un contrôleur de bus fasse lever un indigène pour qu’il laisse sa place à un métis.

Ce racisme va jusqu’à provoquer chez certains indigènes la honte de leur propres origines et le reniement de leur culture. Ahuana a donc également pour objectif de renforcer la fierté des indigènes et souhaite les pousser à revendiquer leurs traditions ancestrales et leurs croyances qui précèdent l’arrivée du christianisme.

Ecrit par | 2017-02-24T01:14:57+00:00 12 septembre 2016|0 commentaire

A propos de l'auteur :

Etudiant à Toulouse Business School et passionné de montagnes, j’ai rejoint Ahuana en 2016 pour un volontariat de 6 mois. Ce fut pour moi un plaisir de venir découvrir les Andes et d’accompagner les communautés dans le développement de leurs projets. J’ai notamment créé ce nouveau site internet afin d’informer les personnes qui suivent l’association des avancées des projets.

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